Si l’adage qui veut que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, tient toujours la route, alors quelle offense les Centrafricains ont ils porté à l’égard des dieux pour qu’aucun des leurs ne leur garantissent la paix?
D’abord Le fameux empereur Bokassa qui renversa en 1966,le gouvernement de Dacko, puis ensuite les sanglantes mutineries de 1996,qui débouchèrent cinq ans plus tard sur un coup d’état raté de Demafouth-kolingba sous le régime du feu président Patassé, à qui Bozize vint porter le coup fatal en 2003, et enfin en 2013, après avoir menacé la paix durant 3 longs mois … « Soleil » comme le veut le jeu , ou « Seleka » comme le dirait le JT.

10 ans après, nous y revoilà encore ?! C’est à croire que la pauvre population centrafricaine couve au sein de son gouvernement un volcan politique qui entre en éruption approximativement tous les dix ans. Après le renversement en 2003 du gouvernement infructueux de Ange Félix Patassé par Bozize , voilà que nous assistons dix ans après à un drôle d’anniversaire du régime, se soldant par la politique du ” balayeur balayé ” dont nous parle l’artiste chanteur Tiken Jah Fakoly dans l’un de ses hits.
Alors « Comment? », mais surtout « Qui? »
La loi biblique aussi vieille que le monde semble encore avoir frappé: Qui tue par l’épée périra par l’épée. Nos dirigeants africains restent hélas toujours sourds à cette évidence.

Les rebelles de la Seleka, mot qui signifie Alliance en langue nationale “sango”, menacaient la paix depuis plus de trois mois déjà. Ces derniers d’origines tchadienne et soudanaise, revendiquaient alors le respect des accords non tenus par le président François Bozize. Toutefois de nombreux sommets ont eu lieu, réunissant les dirigeants des pays de la Cemac, sous la direction de l’invisible mais toujours omniprésente reine mère, qu’est « l’Occident », pour tenter de venir en aide à leur homologue centrafricain, qui jusqu’à sa chute, s’en sera tenu à sa position.

Les centrafricains qui croyaient pourtant, après ces nombreux entretiens diplomatiques, avoir retrouvé un semblant de paix, ne se sont malheureusement bercés que d’illusions.
En effet, le 22 mars dernier, tout cela n’aura pas empêché les rebelles de la Seleka de pénétrer la capitale Bangui, non sans avoir saccagé les précédentes villes sur leur passage. Les échanges de coups de feu entre les putschistes et les forces armées centrafricaines, n’ont pas fini de générer des angoisses, qui n’ont fait qu’alimenter le traumatisme encore vivant, laissé par le coup d’état de mars 2003, dans les cœurs des vulnérables habitants.

La suite est une routine déjà assez connue de la population: fuite du gouvernement en place, pillages, villes à feu et à sang, installation du nouveau gouvernement assurant l’intérim jusqu’aux prochaines élections, que nous savons tous, ils gagneront haut les mains et puis…ce sera le même tour de magie jusqu’à l’arrivée dix ans plus tard d’un autre “Messie”.
Il est grand temps que cela cesse! Et pour y arriver le peuple doit revendiquer le pouvoir qui est sien, exiger l’application des lois votées, mais surtout laisser chaque état être maître de sa politique. Les populations n’en peuvent plus d’être contraintes de tout reconstruire après la fin de chaque cycle. Il est temps de rompre ce cercle vicieux dans lequel plusieurs pays africains sont emprisonnés.

Par Jenny Latifa 

Twitter : @kaholatfah

1,2,3,4…Seleka

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