Chers amis,

Une semaine de plus s’est écoulée dans l’histoire de notre chère terre mère.

Une semaine qui fut plutôt mouvementée. Une de plus me direz-vous!

Le premier coup de tonnerre nous est venu du Sénégal, l’ex ministre du ciel et de la terre, jadis faiseur de rois a eu droit à ce qui s’apparente à un aller simple pour les geôles dakaroises.

Dans un pays ayant un PIB d’environ 14 milliards de dollars, Karim Wade est accusé d’avoir détourné près de 2 milliards de dollars.

Avouez que si les faits sont prouvés, il y a de quoi  faire désordre. Mais voilà le plus important! Prouver les accusations qui sont tenues à son encontre.

Qu’on se le dise, je ne dis pas qu’il n’a pas profité de son passage au pouvoir pour s’enrichir. Il l’a sans doute fait. Mais l’a-t-il fait pour ce qu’on lui reproche et surtout dans les proportions qu’on lui reproche? La question est entière et reste ouverte!

Pour l’heure, je m’attarderai sur un autre événement.

Question pour un champion. Qu’ont en commun, Abdelaziz Bouteflika (Algerie), Blaise Compaoré (Burkina-Faso), Dioncounda Traoré (Mali) ou Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie)?

Tous ces chefs d’Etat ont leurs habitudes dans les hôpitaux de Paris. Qui des suites d’un Accident Vasculaire Cérébral. Qui pour une opération de la cataracte. Qui pour un check-up complet…

Les raisons ne manquent pas pour nous prouver la faiblesse – ou l’absence – d’infrastructures médicales dignes de ce nom.

Un triste constat qui ne date pas d’hier puisqu’avant eux d’autres chefs d’Etats africains étaient coutumier de la pratique. Il aurait été périlleux de demander à Mobutu, Houphouët-Boigny ou Omar Bongo à quoi ressemblait l’intérieur d’un hôpital public de leurs pays respectifs.

Un proverbe chinois nous apprend que «quand les riches maigrissent, les pauvres meurent de faim». Par extension, nous pouvons dire que quand le sommet de l’Etat se soigne dans les hôpitaux occidentaux, les hôpitaux locaux s’apparentent plus à des mouroirs qu’à des temples des sciences et de la médecine.

En somme, dis moi où se soigne ton président, je te dirai l’état dans lequel se trouve ton système hospitalier.

L’une des conséquences d’un manque de système sanitaire fiable reste la mortalité infantile.

Dans un rapport publié l’année dernière, l’Organisation Mondiale de la Santé estimait que pendant l’année 2011, 19 000 enfants mouraient chaque jour majoritairement suite à des maladies infectieuses telles que la pneumonie ou le paludisme. D’autres maladies leur laissent des séquelles à vie. Le cas de la poliomyélite, remédiatisé grâce au groupe kinois Benda Bilili, est évocateur.

En Afrique le tétanos tue comme jamais. En Afrique encore, la diarrhée fait plus de victimes que de nombreux conflits armés.En Afrique toujours, 1 enfant sur 9 ne fêtera pas son cinquième anniversaire victime d’une maladie dont les remèdes sont connus depuis longtemps.

Pourtant les traitements de ces maladies tueuses d’enfants sont, pour la plupart, peu couteux et assez simples.Le travail le plus important se trouve dans la prévention et la sensibilisation. Viennent ensuite la vaccination et la médication.

Aujourd’hui voir un pays africain avec un faible taux de mortalité infantile relève du miracle. Seulement, plus que dans tout autre domaine, nous avons besoin de leaders «capables de dompter le miracle et d’afficher des résultats concrets».

Boniface Duval

E-mail : [email protected]

Twitter : @BonifaceDuval

 

 

Citation

“Le 4 Août notre peuple danse au rythme de ses transformations et à la cadence de ses efforts.

Mais le 4 Août c’est aussi le moment d’arrêt pour faire le bilan. Les longues énumérations des victoires ne correspondent plus à l’étape actuelle de notre combat révolutionnaire. Il y a deux ans encore nous étions surpris et émerveillés par nos propres résultats qui semblaient relever du miracle !

Aujourd’hui le Burkina révolutionnaire a dompté le miracle.

Nos résultats sont concrets. Insister là-dessus peut faire croire à un manque de confiance, en nous-mêmes, au moment où c’est justement la confiance en soi qui s’affirme comme l’acquis fondamental de notre peuple au cours des trois années passées.

C’est la confiance en soi qui nous a permis de prouver que ce n’est pas du nombre de médecins dont on dispose dans un pays que dépend la réussite d’une opération commando. Comme la vaccination commando qui en 15 jours a immunisé plus de deux millions cinq cent mille (2.500.000) enfants de 7 à 14 ans contre la méningite, la rougeole et la fièvre jaune.”

 

Discours du Président Thomas Sankara, 4 août 1986

 

Grand Angle : L’épisode précèdent

Africains, quand penserons-nous à nos enfants?

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