« Aux combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux».

Ce sont par ces mots que commence le discours prononcé à l’indépendance par Alois Okitasombo plus connu sous son nom de Patrice Emery Lumumba.

La semaine passée, le monde entier a retenu son souffle pendant que l’un des plus célèbre combattant de l’indépendance était hospitalisé. Madiba, plus personne ne les présente, il a marqué à jamais l’histoire de l’Humanité.

Néanmoins, qu’en est-il de ces autres combattants oubliés?

Combien se rappellent du sud africain Steve Biko ou du révérend mozambicain Uria Simango?

Et la liste pourrait être allongée à l’infinie.

Dans la lutte anti-apartheid, Stephen Bantu Biko alias Steve Biko représente une des figures les plus importante.

Si aujourd’hui l’Histoire fait la part belle à l’African National Congress (ANC), la lutte contre le régime sud-africain fut menée par plusieurs courants.

Celui de Steve était l’un des plus radical. Etudiant à l’université du Natal il est élu à 22 ans délégué du National Union of South African Student (NUSAS), un syndicat étudiant multi-racial.

Convaincu de la nécessité pour les noirs, les indiens et les métis de se structurer, il quitte le NUSAS pour co-fonder le South African Students Organisation (SOSA) dont il sera le premier président.

Ce nouveau syndicat prônera une émancipation des noirs par eux même et sera un pilier du Black Consciousness Movement qui luttera pour une libération psychologique des noirs.

En ce sens, Steve Biko s’oppose à l’ANC de son grand ami Nelson Mandela.

S’en suivent les grandes mobilisations de Soweto et la persécution de Biko par le régime de Pretoria qui le bannira et l’interdira de quitter sa province natale du Eastern Cape.

En aout 1977, Steve Biko fut arrêté puis interrogé par la police de Port Elisabeth. Pendant près d’un mois il subit les pires tortures jusqu’à tomber dans le coma.

Sa mort fut prononcée en Septembre 1977. La raison officielle : Une grève de la faim.

Les funérailles de ce héros national et l’oraison funèbre prononcée par l’archevêque Desmond Tutu ont participé à la prise de sanctions contre Pretoria.

Au Mozambique, la lutte pour l’indépendance est incarnée le célèbre Frente de Libertação de Moçambique (FRELIMO).

Internationalement, Samora Machel, le premier président de la république du Mozambique, est  la figure marquante de ce mouvement.

Toutefois, si nous remontons à la fondation du FRELIMO en 1962, deux hommes en sont les leaders incontestés: Eduardo Mondlane, le premier président du parti et le révérend Uria Simango, son vice président.

A la mort du président Mondlane en 1969, une lutte interne pour la prise du pouvoir s’engage. Pendant un temps, en guise de solution, le FRELIMO est dirigé par un triumvirat composé de Samora Machel «le Marxiste», Marcelino Dos  Santos «l’idéologue» et Uria Simango «le modéré». En 1969, le marxiste aura raison du modéré et le fera exclure du parti.

Après quelques années d’exil, Uria reviendra au Mozambique dans l’optique de contester le pouvoir politique au FRELIMO. Il fondera le Partido de Coligação Nacional (PCN) avec d’autres dissidents. Après avoir conquis le pouvoir, Samora Machel le fait arrêter craignant que le PCN ne s’allie avec la Resistência Nacional Moçambicana (RENAMO), soutenue par la Rhodésie et l’Afrique du Sud.

Conformément aux techniques de l’époque, Uria est sommé de faire des aveux publics à la radio nationale et est emprisonné avec certains de ses camarades. Les conditions de sa mort, le lieu de sa sépulture resteront un secret de l’Histoire. Cependant, une chose est sûr : Uria Simango était un fervent combattant de l’indépendance et n’avait aucun lien avec la RENAMO.

Politiquement, les pays africains sont «libres. La vérité a vaincu le mensonge, la lumière s’est imposée face à l’obscurité et la vie a prévalu face à la mort.» Tachons de garder en vie ces combattants en préservant leur mémoire.

Boniface Duval

E-mail : [email protected]

Twitter : @BonifaceDuval

Citation

«I never doubted that ultimately we were going to be free, because ultimately, I knew there was no way in which a lie could prevail over the truth, darkness over light, death over life.» | “Je n’ai jamais douté que nous finirions par être libre puisque finalement, je savais qu’il n’y avait pas moyen qu’un mensonge puisse l’emporter face à la verité, que l’ombre l’emporte face à la lumière, que la mort l’emporte face à la vie” 

Archevêque Desmond Tutu

Grand Angle : L’épisode précèdent 

 

Aux grands hommes l’Afrique est reconnaissante

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