L’actualité africaine n’a pas été en reste la semaine écoulée. Le dernier retentissement est toujours en cours.

A Bangui, un président arrivé par les armes vient de tomber par les armes. Celui qui combat par l’épée périra par l’épée dit-on communément n’est-ce pas? Au Mali, l’opération qui se voulait expéditive s’éternise. Chers amis, la France s’embourbe!

Mais je ne vais pas m’épancher sur ces épisodes de plus dans la vie de notre continent. Des épisodes qui ne sont pas sans nous rappeler l’Afrique de nos aïeux.

A mon sens un autre événement marque la semaine. Un événement qui fait référence à la fracture africaine. Une fracture entre les pays qui trainent les casseroles du passé et ceux qui se cherchent un future.

Chers amis, Xi Jinping, le président chinois a commencé sa tournée Africaine. Au programme, une visite en Tanzanie, en Afrique-du-sud et en République du Congo.

Voilà une visite qui va faire plaisir à un grand nombre d’africains qui voient en la Chine le partenaire idéal qui permettra aux pays africains de se raccrocher au train de la mondialisation.

La Chine et son partenariat gagnant, gagnant.

Elle apporterait le savoir-faire et les capitaux qui font tellement défaut, et en contrepartie, le continent, outre les matières premières, serait un partenaire commercial prometteur.

Voilà bien ce qui manquait à l’Afrique, un partenaire qui puisse l’accompagner au grand bal du commerce international car c’est le moment, elle a atteint une certaine maturité.

Alors que les espaces du vieux monde (Etats-Unis, Europe, Japon) ont connu une croissance faible voire nulle entre 2008 et 2011, la Tanzanie tournait aux alentours de 6,5%, l’Afrique du Sud environ 3% et la République du Congo 6%. En période de crise économique, ces chiffre ont de quoi faire rêver de nombreux pays occidentaux.

Qu’on se le dise! L’Afrique est une terre économiquement prometteuse. Néanmoins, elle a encore des lacunes criantes.

En terme de création de richesse les pays africains sont encore à la traine.

En 2011, l‘Afrique du sud, puissance régionale et représentante du continent auprès des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, South-Africa) – groupe des pays émergents – avait un PIB de 410 milliards de dollars. A titre de comparaison, les autres membres des BRICS avaient tous un PIB dépassant les 1 000 milliards de dollars et la seule ville de New-York produisait une richesse d’environ 1 300 milliards de dollars. Pas si loin des 1 600 milliards de dollars que produisait l’Afrique entière à la même période.

Alors, nous avons besoin de tous les partenaires pour développer le territoire africain. Et le premier défi reste celui de la maitrise de ce territoire. Cela passe par la mise en place d’infrastructures digne de ce nom. Des infrastructures aussi bien nationales que régionales.

C’est là qu’intervient le partenariat gagnant-gagnant.

Certaines autorités sont déjà dans cette approche là. J’en veux pour preuve le siège flambant neuf de l’Union africaine. Inauguré en 2012, il fut construit en moins de deux ans pour un coût de 200 millions de dollars.

Autre exemple de choix, l’autoroute est-ouest construite en Algérie. Ce projet d’une valeur de 11,2 milliards de dollars fut mener par le chinois CITIC-CRCC et le japonais COJAAL.

L’aboutissement de ce projet?

Une autoroute deux fois trois voies de 1720 km reliant Maghnia à la frontière marocaine et El Tarf à la frontière tunisienne.

Alors oui, Bienvenue M. Xi Jingping, Bienvenue aux capitaux chinois «car de tels investissements doivent renforcer l’expansion de l’économie de notre continent, l’emploi de notre main d’œuvre, la formation technique de nos travailleurs!»

 

Boniface Duval

E-mail : [email protected]

Twitter : @BonifaceDuval

Citation

 

«Pour nous, il s’agit tout simplement de saisir avec certitude notre légitime héritage, en utilisant la puissance politique créée par notre unité : tout ce dont nous avons besoin, c’est de développer avec notre puissance commune les énormes ressources de notre continent. Une Afrique unie offrira un secteur stable aux investissements étrangers dont nous encourageons l’apport tant qu’ils ne se comporteront pas en ennemis de nos intérêts africains, car de tels investissements doivent renforcer l’expansion de l’économie de notre continent, l’emploi de notre main d’œuvre, la formation technique de nos travailleurs et l’Afrique les accueillera favorablement.»

 

Discours de Kwame Nkrumah à de l’Organisation de l’Union Africain , 23 mai 1963.

 

Grand Angle : L’épisode précèdent

 

Bienvenue M. Xi Jingping, Bienvenue aux capitaux chinois

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