Il est assez difficile de prendre une pause et de regarder le chemin qu’on a parcouru depuis un certain temps. Lorsqu’on y parvient enfin, il devient encore plus difficile de porter un regard objectif sur son propre parcours, difficile d’adopter ce regard critique, presque égoïste qui fait abstraction de toute comparaison, de toute distraction. En effet, la tentation est souvent grande de se comparer à d’autres pour définir où nous nous situons. Qu’importe si nous n’avons pas la même vision, qu’importe si nous n’avons pas les mêmes objectifs. Bien que cela soit généralement contre productif, ça nous aide de nous comparer à l’autre.

Quand nous parvenons enfin à jeter un coup d’œil vers le passé, le risque d’y rester coincé nous guette. Il y a tellement de choses que nous voudrions gommer, oublier, améliorer. Les objectifs étaient si ambitieux, les accomplissements loin de nous donner entièrement   satisfaction.

Le doute s’installe, le découragement n’est pas loin!

FLSMSKenya

Victoire

Puis vient le sursaut, on se remémore enfin ces moments heureux, ces batailles remportées, tous ces événements que l’on voudrait revivre, partager, multiplier.

Ces événements qui font qu’on en est encore là à faire ce que l’ont fait, à croire en ce que l’on croit. Que ce soit pour un projet personnel ou professionnel, il y a toujours ces événements qui ont fait que nous n’avons pas abandonné lorsque tout autour de nous nous poussaient à le faire. Le souvenir de ces moments, c’est notre jardin secret, notre cure de jouvence, notre potion magique.

Alors voilà, le temps est venu de porter un regard sur la première année de Huza.org.

La toute première chose qui me vient spontanément c’est de présenter des excuses. Non pas aux lecteurs que vous êtes – et nous vous en devons – mais à nous même.

En effet, il faut qu’on parvienne à nous excuser de ne pas avoir été à la hauteur de nos propres exigences, de notre propre volonté, de nos propres aspirations.

Je pense profondément que lorsque nous ne réussissons pas, avant de décevoir ceux qui croient en nous, on se déçoit soit même. Alors humblement, on y fait face, on se remet au travail pour faire de son mieux et s’améliorer un peu plus à la prochaine tentative.

En ce qui nous concerne, malgré près d’une centaine d’articles publiés au cours de l’année, la constance nous a manqué. Les périodes de boulimie intellectuelle se sont souvent suivies d’instants de carence rédactionnelle. Comme dans toute activité, il y a l’art et la manière, l’objectif étant de concilier les deux. Ce n’est un secret pour personne que pour y arriver c’est le combat d’une vie, un combat contre ses propres démons intérieurs qui prennent tour à tour le nom de procrastination, flemmardise, découragement ou impatience. Alors pour les combattre on prend son bâton de pèlerin et, bataille après bataille à force d’abnégation on se voit avancer lentement vers cet objectif.

Toutefois, il faut le dire haut et fort, le parcours ne fut pas uniquement constitué de déception.

Que de rencontres, que de débats, que d’émerveillements face à ces initiatives de jeunes engagés.

Une jeunesse engagée à faire changer l’Afrique par des actions concrètes, une jeunesse engagée encore à modifier l’image qui colle à la peau de notre continent, une jeunesse engagée toujours à prendre son destin en main. L’Afrique du 21ème siècle la jeunesse la veut vibrante, inspirée, rayonnante.

Et oui! C’est bien ce qu’il en sort de toutes ces rencontres avec les jeunes africains et amoureux du continent, de New York à Addis-Abeba et passant par Paris, Dakar, New-Delhi ou Luanda. Les exemples de cette jeunesse en mouvement ne manquent pas, nous en parlons régulièrement ici et nous continuerons à le faire. Par contre ce qui fait défaut c’est une plus grande retranscription, la mise en avant accrue de ces initiatives, d’une manière globale. Nous sommes tous tellement concentré sur notre destiné et celle de notre continent que nous en oublions de faire briller notre voisin.

"Je suis parce que nous sommes"

“Je suis parce que nous sommes”

Et voilà la flamme qui nous anime ici, celle de permettre au monde de découvrir cette Afrique qui va au delà des challenges de la vie pour faire preuve d’une créativité impressionnante. Cette Afrique qui comptera 890 millions de jeunes ayant moins de 30 ans en 2015. Découvrir cette jeunesse qui a réussi à inclure dans sa culture la modernité et la tradition. Cela prend le visage de ce jeune étudiant africain dans les plus grandes mégalopoles mondiales portant sa  chemise wax ou son boubou tout en pianotant sur son MacBook ou celui de ce jeune cadre dans une métropole africaine envoyant de l’argent au village via son smartphone et le mobile banking tout en écoutant un dernier son mélangeant rythme moderne et sonorité traditionnelle comme le font si bien le groupe P-Square, les Dj sud africains ou certains artistes américains, entre autres. Qu’on se le disent, c’est aussi ça l’Afrique d’aujourd’hui, celle d’une jeunesse sans complexe désireuse d’améliorer sa condition et celle de son continent.

Alors oui, la route est encore longue pour que l’image de l’Afrique change totalement dans l’inconscient collectif et que toute la jeunesse ait accès aux mêmes commodités mais l’évolution est en cours et le seul fait de pouvoir participer modestement à cette transformation donne un sens à son action. Lorsque la foi en ses objectifs ambitieux vacille, le seul fait de penser à ces enjeux re-mobilise et donne le courage d’essayer une fois de plus, en faisant un peu mieux.

Si notre initiative a permis à ne serait qu’une personne de découvrir un nouveau blogger, une nouvelle facette de l’Afrique, de sa culture, de son histoire, un coté insoupçonné d’une personnalité je pense que le premier chapitre de l’aventure aura été une réussite.

Il nous en reste beaucoup d’autres à écrire ensemble puisque Huza.org se veut avant tout participatif et, à ce stade, les mots de feu Nelson Mandela résonnent plus que jamais. Effectivement, «après avoir gravi une haute colline, tout ce qu’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir.»*

 

Boniface Duval

E-mail : [email protected] 

Twitter : @BonifaceDuval

 

 

Citation

*«J’ai parcouru ce long chemin vers la liberté. J’ai essayé de ne pas hésiter; j’ai fait beaucoup de faux pas. Mais j’ai découvert ce secret: après avoir gravi une haute colline, tout ce qu’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir.  Je me suis arrêter un instant pour me reposer, pour contempler l’admirable paysage qui m’entoure, pour regarder derrière moi la longue route que j’ai parcourue. Mais je ne peux me reposer qu’un instant ; avec la liberté viennent les responsabilités, et je n’ose m’attarder car je ne suis pas arrivé au terme de mon long chemin.»

Un long chemin vers la liberté –Nelson R. Mandela.

Grand Angle : L’épisode précèdent

En avant toute…

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