« Respectez la femme, c’est la mère de l’humanité. » Ces paroles ne sont pas les miennes mais bien celles d’un homme, Adams Junior, chanteur nigérien.

Il ne s’agit pas ici de jeter la pierre à nos pères, à nos frères ou à nos maris. Il ne s’agit pas de confronter les femmes africaines aux hommes africains.

Ce sont les cris de cœurs qui ont mal, d’êtres qui se cherchent. Ce sont les peurs et les doutes d’une jeunesse féminine qui se demande  « quelle est sa place ».

Tout le monde vous le dira, la scolarisation des filles est primordiale ! Elles doivent comme les garçons aller à l’école, s’instruire puis travailler mais « Femmes, n’oubliez jamais votre premier rôle» !

Quel est ce premier rôle de la femme africaine ? Quel est sa place dans la société traditionnelle ?

La réponse se trouve certainement dans notre culture et l’éducation que nous ont données nos mères et que leur ont données les leurs, ainsi de suite.  Elle se trouve aussi dans l’attente de nos sociétés, dans le regard que porte les hommes mais aussi nos semblables féminines sur nous.

Certains écrivains africains comme  Seydou Badian dans Sous L’orage, Sembene Ousmane dans Xala, Mongo Béti dans Perpétue ou l’habitude du malheur ont décrit la situation des femmes dans la société traditionnelle restrictive.

Il apparait que leur place est importante dans une telle société. Qu’outre le rôle de mère de famille, elles ont en charge toute la gestion de la maison, l’éducation des enfants et assument une responsabilité sociale mineure : peu de femmes sont placées au sommet de la hiérarchie.

Mais qu’en est –il de sa place dans la société moderne ? Dans la société actuelle évolutive ?

L’évolution de la société aidant, la scolarisation des filles, la vie « chère », la volonté qu’elles ont de s’émanciper etc., elles se sont mises à faire les mêmes choses que nos chers hommes et à le faire aussi bien qu’eux. Elles  ont compris que la femme ne se résume plus seulement à son rôle traditionnel.

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Un portrait de femme du Sahel

Preuve en est qu’aujourd’hui les jeunes filles s’instruisent davantage pour accéder  à des postes autrefois réservés aux hommes et pour les aider, eux, à remplir un de leurs rôles traditionnels qui est de subvenir aux besoins de la famille malgré les embûches auxquelles elles sont confrontées.

Quand l’une des femmes les plus riches d’Afrique, Folorunsho Alakija, déclare -comme pour se justifier- que malgré son travail prenant elle continue à bien s’occuper de son mari et de ses enfants, il y’a lieu de se poser des questions.

En effet, Il semblerait que les mâles dominants aient peur de perdre cette soumission tant recherchée et bien installée. Les pauvres, ils semblent craindre la perte du pouvoir qui leur est destiné et une confusion dans les rôles autrefois si clairement définis.

Devant une telle situation, les femmes se sont vues obligées de tout combiner : rôle traditionnel et rôle moderne au risque de ne pas être vues et considérées comme de vrais et bonnes femmes.

Vous me direz que le problème se retrouve partout et qu’au-delà de la femme africaine il s’agit tout simplement des femmes dans leur ensemble.

Mais la tradition ayant un poids lourd et étant ce qu’elle est en Afrique, la recherche d’identité semble davantage difficile et longue pour nous.

Voilà  la situation dans laquelle se trouve le continent en général : la volonté d’allier tradition et modernité. Un défi qui fait de nous des hommes et des femmes, des Hommes, qui se cherchent toujours et encore.

Pères, Scolarisez vos filles ! Inscrivez-les dans les mêmes écoles que leurs frères pour qu’elles aient les mêmes chances de réussir! Maris, Laissez vos femmes travailler et vous aider ! Mais  Femmes, n’oubliez jamais votre premier rôle !

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« Le coq chante, le jour paraît, tout s’éveille dans le village. 

Pour que le bon couscous soit prêt : Femmes debout et du courage !

Pilons pan-pan, pilons pan-pan, pilons pan-pan, pilons gaiement… »

Comptine africaine

 

 

 

 

 

Mlle T.

E-mail : [email protected] 

Twitter : @missytari

 

« Femmes, debout et du courage ! »

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