Une start-up, c’est quoi?

D’apres Wikipedia, “La start-up (ou jeune pousse) est une jeune entrepriseà fort potentiel de croissance et qui fait la plupart du temps l’objet delevée de fonds. On parle également de start-up pour des entreprises en construction qui ne se sont pas encore lancées sur le marché commercial (ou seulement à titre expérimental).”

Lorsque l’on parle de start-up, il y a certains critères qu’il faut prendre systématiquement en considération: la “jeunesse” de l’entreprise, le potentiel de croissance et l’objectif clairement avoué de levée de fonds (pour financer la croissance). Certaines entreprises, qui sont aujourd’hui des mastodontes ont commence comme des start-ups: Google (et oui!), Apple, HP, Facebook, WhatsApp, etc. Et leur histoire reprend quasi-identiquement ce modèle: Les débuts dans le garage familial (caricature) pour développer une idée “révolutionnaire” -ou pas- a fort potentiel, la création d’un business model, la levée de fonds (business angels, introduction en bourse), puis la conquête du monde. Il est important de noter qu’au moment ou ces entreprises passent le cap de la levée des fonds, ce ne sont plus des start-up. En d’autres termes, pour une entreprise, le statut de start-up est une étape, qui doit durer le moins longtemps possible, et non une fin en soi.

En Europe ou aux États-Unis, de plus en plus de start-ups voient le jour et tendent a être  “encouragées” par les anciennes qui les financent à travers leurs fonds d’investissement afin qu’elles puissent se développer et devenir des entreprises qui créent de la valeur. A titre d’exemple en France, KIMA VENTURES de Xavier Niel (fondateur de Free), ISAI de Pierre Kosciusko-Morizet (fondateur de PriceMinister), et Jaina Capital de Marc Simoncini  (fondateur de Meetic) s’illustrent dans cette démarche.  L’aventure de la tech startup en Europe ou aux Etats Unis est plus sereine à partir du moment où le projet rencontre son marché et que la start-up prouve la viabilité de son modèle économique.

Le problème des start-ups africaines est justement celui de passer l’étape de start-up, principalement en raison de la difficulté d’accéder a des canaux de financement a appétence au risque élevée disposés a fournir les fonds nécessaires a leur croissance. La frilosité des Banques et la rareté des business angels ne rendent pas la tache aisée. Les jeunes start-ups africaines, commencent donc en général sans gros moyens, et ont ensuite du mal à lever des fonds. Les concours (Innovation Prize for Africa, Prix orange de l’entrepreneur social pour ne citer qu’eux ) deviennent les recours de choix pour se faire connaître et gagner des sous afin de passer à l’étape d’après.

Cependant, au moment où la start-up africaine se bat d’arrache-pied pour se faire connaître, et financer sa croissance, elle observe un gros arriver sur le marché. A titre d’exemple dans le eCommerce en Afrique aujourd’hui, Jumia (un peu partout en Afrique) et cDiscount ( en Afrique de l’ouest) font figure de mastodontes face aux jeunes start-ups du continent qui essayent tant bien que mal de sortir du lot.

Face à cette situation, quelles sont les options à la disposition des startuppers ? Leur envoyer un CV ? Postuler à encore plus de concours ? Persévérer ?

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Une des nombreuses réactions soulignant les méfaits des géants de l’internet en Afrique

Avec beaucoup d’optimisme, elles se diront qu’elles vont continuer par travailler dur , faire grandir la start-up avec les moyens de  bord et essayer de se faire racheter. Nollywood TV n’a t-elle pas été récemment racheté par le Groupe Canal + ? Et encore, Nollywood Tv n’était plus une start-up à proprement parler.

Dans le même temps, nous lisons plein de biographies d’entrepreneurs de la Sillicon Valley et autres qui font miroiter les bonheurs de l’entrepreneuriat et des tech start-ups. Même s’il est important de s’inspirer des autres et de leurs réussites pour mettre toutes les chances de son côté, la réalité, c’est que l’écosystème de la Valley n’ a rien à voir (mais ABSOLUMENT RIEN A VOIR) avec l’écosystème africain!

Dans le sempiternel discours “Ils ont commencé dans un garage , ils sont milliardaires aujourd’hui “ que j’aime à qualifier d’innovaconte (ou Storytelling si vous préférez), nous oublions souvent de lire (quand elle est mentionnée)  la partie où ces start-ups ont eu à recevoir en amorçage, un million d’euros (pas de CFA hein…) de tel ou tel investisseur ou fonds d’investissement pour se développer.

De Tunis à Lagos, et de Kigali aà Dakar, le parcours des start-ups en Afrique est un parcours du combattant, loin des success stories en provenance de la Sillicon Valley. Et ce chemin du calvaire ne  pourra se transformer, hélas, en chemin de succès pour nombre d’entre elles, tant que la question de l’accès aux financements conséquents n’aura pas trouve de réponse sérieuse.

Entre temps, comme Liebe le dit : “Le rêve d’être un startupper qui devient milliardaire en Afrique, c’est bien, c’est même très bien, mais il faut peut être penser à passer à autre chose ou à proposer du service/conseil à côté… Ou sinon, trouvez de l’argent (beaucoup d’argent) avant même de trouver une idée s’il le faut, ou encore allez à San Francisco développer votre idée, pour ceux qui peuvent. En Afrique, le marché, l’écosystème, les technologies, les ressources humaines, et l’argent sont totalement en votre défaveur.”

KA.

Le calvaire des tech start up en Afrique

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