Ma bonne dame , très cher monsieur, n’y prêtez pas garde, ne vous affolez pas, voyons , nous ne parlerons pas du Mali, je vous en fais la promesse, car ce que vous entendez-là est peut être le bruit d’une rafale de kalach,admettons le, mais certainement pas tenue par un soldat touareg…le bruissement sourd d’une lame qui déchire, le lourd retentissement du canon au bout du fusil, ou alors peut être la détonation d’une bombe, mais pas celle d’AQMI, au fond, juste l’horrible évocation d’un cauchemar, mais surement pas…le vôtre.

 Allons, ne faites pas cette tête, prenez plutôt un siège, et pendant que vous vous installez confortablement dans votre fauteuil, je vais aller me désaltérer un peu.  Ca y’est vous avez les yeux grand ouverts, rivés sur votre écran et  vous inspirez normalement ?

Prise d’armes

A présent que vous êtes détendu (e), et attentif (ve), laissez vous conter comment à l’heure où je vous parle, la démocratie s’installe de façon fulgurante et admirable, au Maghreb, et dans la patrie du père Houphouet…

Vous vous souvenez de l’Egypte, de la cote d’ivoire … Oui bien sûr, ces 2 pays pour qui 2011 était l’année des promesses.

Celles où les populations de ces environs seraient débarrassées de leurs chaines, maitres et corvées.

 

La loi du talion: Partout la loi des vainqueurs

Caricature de l’unité ivoirienne

Je n y connais pas grand-chose, mais vous peut-être, dites moi… où développe t on une “nation” sur le seul sang des vaincus,  la vengeance  a t’elle jamais engendré autre chose que sa reproduction ?

Prenez la Cote d’Ivoire par exemple,  (j’entends d’ici mon voisin de palier, beuglant « Y’a rien oooh, circulez !! Toi là même, Ya quoi ? C’est pas tes affaires et puis tu mets bouche dedans, ca va pas dans ta tête ou quoi ? Aigri comme ça ») après une décennie de violences marquée par un cycle de violences, les milliers de victimes, blessés et morts de part et d’autres, n’en ont pas fini d’écrire les sombres pages de cette  noire tragédie. Sans entrer dans les détails, rendez-vous compte, que 2ans bientôt après la transition entre l’actuel Président Alassane OUATTARA et son prédecesseur Laurent GBAGBO (arreté le 6 avril 2011)

l’on est loin de la réconciliation des 2 camps. Pour les baisers sur la bouche et les vacances en famille, faudra repasser car pour l’heure,

Amnesty international énonce dans son rapport « la loi des vainqueurs », et les nombreuses exactions qui caractérisent la gestion politique du gouvernement en place. Amnesty qui avait déjà eu l’occasion par le passé, de dénoncer les violences commises durant le mandat de Laurent GBAGBO, entend attirer l’attention sur les périls anti-démocratiques que font peser les nombreuses violations des droits de l’homme.

Dans un contexte de réconciliation nationale, on se serait attendu a d’avantage de « tact » de la part du Président Ouattara, qui jusqu’ici,

ne s’est guère montré plus habile que son prédécesseur, à établir un dialogue apaisé … y’avait-il lieu de torturer tous ceux qui ont jadis été opposés à sa victoire ? Je ne dis pas qui a raison, ni qui a frappé le premier,  mais je pense comme AMNESTY que la justice lorsqu’elle est guidée par la vengeance, finit par nourrir la violence.  Les responsabilités de la crise sont autant celles des gagnants que des perdants, celles des exactions doivent assurément aboutir à des enquêtes impartiales et justes, mais est ce bien possible dans l’état actuel des choses ? Il en va de la guerre, comme d’un Tango, comme la guerre,il faut être 2 pour la faire.

La Cote d’Ivoire doit si elle veut entendre un autre son de la démocratie, que les pleurs et les cris perpétuels, affronter son passé avec plus de rigueur et de froideur, et si elle veut combattre l’impunité, le faire sans « complaisance ». Le Président Marzouki vient de donner un formidable exemple en Tunisie, en se prêtant au jeu de l’audition, il a montré que face a la justice, nul ne devait échapper au devoir de comparution. Monsieur Ouattara, gagnerait a mettre a disposition tous ceux  des siens, sur qui la justice voudrait aujourd’hui ouvrir des dossiers.  Tout accouchement se fait dans la douleur, et jeter un regard impartial sur son passé, demande du courage, courage que la CPI n’a pas montré, et que les Ivoiriens de tous bords politiques, doivent chercher pourtant.

La justice des hommes se conquiert, à l’inverse de la grâce, elle ne s’attend pas, elle s’obtient à force de bruit et n’est que rarement gratuite. Celui qui n’essuie pas son front aujourd’hui, tendra la main plus tard (hein Jonathan ?).

De même si l’on ne se lève pas pour la justice, demain, assurément, on s’en verra privé a son tour.

Celui qui guette l’Aurore sait qu’il n’est rien de plus vrai que « malgré la durée de la nuit, le jour finit toujours par se lever », de meme le soleil de la vérité de l’histoire, ne devrait jamais pouvoir être caché par la main du mensonge.

 la démocratie doit elle faire du bruit ?

Caricature de M. Morsi

L’Egypte débarrassée de la dictature d’un général fatigué, qu’elle a fini par juger et non pas exécuter, est  entrée dans un cycle de déchainement populaire sans fins, et connait une situation de chaos et de désordre à cause des manifestations antigouvernementales et de désobéissance civile, récemment cristallisée par le refus du principal parti d’opposition (FSN) de participer aux législatives.

En même temps, ce pays où le Président Morsi Islamiste convaincu entend gouverner avec une constitution ouverte à la Charia, rassure car il témoigne de ce que les Médias d’opinion, l’opposition comme le peuple Egyptien, n’entendent plus se laisser disposer sans mot dire.

Cela faisait une éternité que le temps semblait s’être arrêté dans l’actualité Egyptienne, ce depuis que le projet de révision constitutionnelle a été adopté (16 Décembre 2012). Place tahrir contre Palais d’Ittihadiya, tel semblait etre devenu le jeu politique de la nation de Nasser, où hier encore des manifestants défilaient pour réclamer le retrait du décret du 22 Novembre par lequel Morsi avait élargi ses pouvoirs, et l’annulation du référendum du 15 Décembre permettant la révision Constitutionnelle.

La vie politique en Egypte est en panne, elle n’avance plus. La faute à une opposition irresponsable ou au Président trop autoritaire ? L’opposition, peut-elle gouverner, du seul fait de la légitimité de la rue, si elle se refuse systématiquement à participer aux négociations?  A contrario, n’est ce pas bien là la démocratie, faire peser le choix du plus grand nombre, sur la volonté d’un seul?

 

« La Clémence et le dialogue valent parfois mieux que la justice » 

Alors que chacun campe sur ses positions, l’armée Egyptienne excédée par les risques de crise, a clairement pris position pour appeler le président Morsi, à renouer le dialogue avec l’opposition. En démocratie, une situation de crise politique entre la majorité et la minorité, il ne saurait y’avoir de tyrannie des uns sur les autres, il faut parvenir à un consensus.

Au jeu de la loi du talion, Œil pour œil, dent pour dent,  tout le monde finit aveugle et édenté.

Cette leçon de vie est certes sage et millénaire mais pourtant, lorsque l’on y regarde de plus près, elle n’est pas totalement bien apprise de l’Afrique.

Si les dirigeants Egyptiens et Ivoiriesn, regardent dans un passé proche, eux qui ont été exclus de la vie politique (Freres Musulmans) ou lutté militairement pour assoir leur droit (Ouattara),  ils verraient que Mandela, sankara,Rawlings, Amadou Toumani Touré et Alpha Oumar Konaré sont autant de grands leaders Africains, qui même à la faveur d’un coup d’état ou  d’une victoire démocratique sur une histoire tragique, n’ont jamais succombé à la tentation de la vengeance, et ont su s’approprier au mieux les mots d’HENRI IV qui disait

 « La Clémence honore le pouvoir… car la satisfaction qu’on tire de la vengeance ne dure qu’un moment, mais celle que nous donne la clémence est éternelle »

En savoir +

 Article sur la colère de l’Armée Egyptienne 

Rapport d’AMNESTY INTERNATIONAL sur la Cote d’IVOIRE 

d’Artagnan

e-mail : [email protected]

Pif! paf! boum! … chuut! C’est la démocratie qui rentre

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