« Il y a un mois que les forces de l’armée française se sont installées au Mali… un mois seulement que l’Occident a commencé à accorder de l’importance à ce qui se passait ici, près de chez nous, de manière générale, autour de nous. Malgré le fait qu’une grande partie du monde n’ait ouïe dire de la situation en Afrique de l’ouest et plus précisément au Nord-Mali que depuis cette intervention, nous vivons depuis un an dans des conditions “compliquées”, pour reprendre les termes que beaucoup utilisent pour ne pas dire autre chose. » “Compliquées” comme si, la langue de bois avait commencé depuis longtemps.

Entre enlèvements des étrangers ou nationaux et invasions des extrémistes pour qui la principale cible reste les populations civiles, l’Afrique de l’ouest arrive à bout.

Ainsi, l’arrivée de l’armée française est  un soulagement évident que le monde entier a partagé. « Ce  monde » qui a enfin décidé de s’occuper de ce que vit le peuple malien.

Mais, les menaces de représailles ont très vite suivies l’arrivée des troupes et les premiers combats.

“La France a attaqué l’islam. Nous allons frapper le cœur de la France. Au nom d’Allah, nous allons frapper le cœur de la France”

Ces menaces ont conduit à une recherche de grande sécurité au Mali et dans les pays voisins.

En effet, les civils (adultes et enfants) en Algérie, en Mauritanie, au Niger etc. ont fait, font et feront apparemment les frais de cette guerre.

A seulement 400km, la guerre n’a jamais semblé si proche pour les nigériens.

Il n’y a pour l’instant eu aucune attaque mais la panique et l’inquiétude se sont installées au Niger et ne font que s’amplifier dans l’esprit des étrangers et des nigériens. Aujourd’hui, ce pays est plus sécurisé que jamais.

Il suffit de se rapprocher des ressortissants français pour ressentir cette atmosphère pesante due au malaise qui envahit étrangers et nationaux. En plus du sentiment de privation de liberté s’ajoute une paranoïa grandissante : Partout, la peur se lit sur les visages et semble dépasser les limites du raisonnable. Néanmoins, quand elle voit la France prendre ses dispositions pour protéger ses intérêts et les ressortissants européens, la population du Niger réalise les incertitudes de l’avenir.

Des mesures ont très vite été prises pour protéger les lycées français. En effet, après la fermeture du lycée français de Nouakchott, ce sont les élèves du lycée français de Niamey qui ont été privé de cours pendant une semaine suite aux prises d’otages en Algérie. Les répercussions sur les élèves sont immédiates mais ils sont loin d’être les seuls à faire les frais de cette guerre. Les Organisations Non Gouvernementales aussi subissent le départ des étrangers et les nigériens en général voient les expatriés plier bagages pour fuir un conflit qui, sans aucun doute, ne fait que commencer.

Comme l’illustre la réunion à laquelle l’ambassadeur de France au Niger a convié les parents d’élèves et le personnel du lycée français de Niamey, la précipitation des décisions semble les rendre floues. Ainsi, après une heure de discussion et trente-cinq minutes de questions des parents d’élèves, les informations données restent vagues et traduisent une absence de connaissance de la situation des ressortissants français eux-mêmes. « Et c’est ce qui nous inquiète le plus… ».

Quand trois quart des professeurs français voient leur avenir loin de la région et que les expatriés européens en général souhaitent la quitter, il est évident que la crainte et la peur plongent les africains dans un avenir géopolitique incertain et que ce dernier constitue un obstacle dans la construction du continent.

par Mariam. O – à Niamey au Niger

Quand la peur se répand le long du fleuve…

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