“Au feu les pompiers, la maison se brûle,                                                                                                                                                                                  Au feu les pompiers, la maison se brûle.                                                                                                                                                                            C’est pas moi qui l’ai brûlée, c’est mon petit frère.                                                                                                                                                           C’est pas moi qui l’ai brûlée, c’est AES SONEL !!!”

Cette comptine de mon enfance s’approprie exactement aux évènements qui surviennent ces derniers temps au Cameroun : Le pays est en feu !!

Ces derniers temps de nombreux incendies ravagent le pays causant de gros dégâts et laissant dans leurs sillages des victimes qui n’avaient rien demandées à la vie autre chose que de continuer à vivre.

La plupart de ces incendies surviennent à la suite de coupures de courant ou « délestage », obligeant les usagers de la compagnie nationale d’électricité, AES SONEL, à utiliser des bougies ou des lampes à pétrole qui finissent par mettre le feu à des maisons construites en matériaux précaires, qui brûlent comme des bottes de pailles en plein bûcher de la Saint-Jean. Les explosions de compteurs comme au journal  « Aurore Plus » ou de groupes électrogènes souvent suite au retour de l’électricité comme pour la fameuse boulangerie Chococho à bonapriso, ainsi que les courts-circuits qui ont notamment ravagé le marché Central de Douala et bien d’autres lieux dans tout le pays, sont aussi à déplorer.

incendieMais en réalité quelles sont les raisons de ces incendies ? Les coupures intempestives d’électricité ? Du matériel défectueux ? Je dirais les deux !

Mais pourquoi le Cameroun subit-il autant de délestages ? AES SONEL nous dit « étiage » : pour ceux qui n’ont aucune formation en ingénierie électrique, cela signifie qu’il n’y pas assez d’eau pour faire fonctionner les barrages hydroélectriques. Donc l’électricité du Cameroun serait uniquement basée sur les barrages hydroélectriques d’Edéa et de Songloulou ? Eh non il se trouve qu’il existe aussi des centrales thermiques à Yassa-Dibamba et à Limbé ainsi qu’une centrale à gaz à Kribi.

Le 07 février dernier AES SONEL livrait ce communiqué à ses clients :

« Douala, le 07 février 2013

 La société AES-SONEL informe son aimable clientèle qu’elle se trouve dans l’obligation de procéder à la modulation de la demande afin de maintenir l’équilibre du système électrique. Par conséquent le service connaît en ce moment de fortes perturbations autant en journée que le soir aux heures de pointe. Cette situation est essentiellement due à la période d’étiage que nous traversons en ce moment. Dans le cadre de la gestion de la saison sèche 2013, le plan de couverture de la demande des ménages et des industries prenait en compte :

 La puissance additionnelle que la nouvelle centrale à gaz de Kribi devait fournir progressivement, à partir du 22 décembre dernier ;       

 La mise à disposition d’une puissance supplémentaire par les ouvrages du programme thermique d’urgence.

La conjonction de ces deux évènements nous met dans une situation de déficit de l’offre par rapport à la demande globale. Par conséquent, pendant cette période difficile, tous les clients sont invités à économiser l’électricité à toute heure, en limitant son usage au strict nécessaire et en débranchant tous les appareils non indispensables. Cette disposition ne concerne pas les appareils à usage médical. En raison d’un délai supplémentaire pour la livraison du gaz,  la centrale de Kribi ne pourra commencer à livrer de l’énergie qu’à compter du début du mois de mars 2013 pour le bien de tous les consommateurs d’électricité. »

 Ah! C’est donc la que se trouvait le vrai fond du problème : TOUTES les infrastructures ne sont pas suffisamment productives pour satisfaire la demande en électricité de la population.

Mais pourquoi ne les mettons donc nous pas à jour ? Ah oui AES SONEL a déclaré avoir investi ces dernières années, près de 400 milliards de francs CFA pour la réhabilitation et la construction des nouvelles infrastructures, en l’occurrence, la construction des centrales thermiques, ce qui aurait fait passer la capacité de production du pays à 1000 MW. Mais pour 780.000 clients est-ce vraiment suffisant ? Les infrastructures sont-elles réellement aux normes ?

Au vu des résultats des investissements, il faudrait probablement investir encore plus car vu le prix du Kw/H, la moindre des choses serait de pouvoir regarder sa télénovela brésilienne sans être coupé au moment juste où on découvre que Ricardo n’est pas… N’est pas quoi… ah oui il n’y a plus de courant.

Alors que faire ? Continuer à prier en espérant que le prochain délestage ne mettra pas le feu à la maison voisine ? Ou pire à la nôtre ?

En attendant qu’une véritable solution autre que le délestage ne soit trouvée pour nos pauvres compatriotes camerounais, je saurais ce soir ce qui se passe pour Ricardo. Enfin, peut-être…

                 par Miss E.- à Paris, France

Cameroun : Au Feu les pompiers…

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