« Le monde est vraiment petit! Ou peut-être le destin est-il vraiment écrit?

J’ai revu hier soir par hasard (même si je pense que le hasard n’existe pas et que c’est Dieu déguisé) une “tantine” que j’ai rencontré à Montpellier il y’a deux ans.

J’y étais en stage et elle me louait une chambre dans son appartement. Nous avons sympathisé très vite et elle m’a raconté l’histoire de sa vie.

A peine plus âgée que moi, j’ai tout de même décidé de l’appeler tantine parce que son vécu m’a bouleversé et qu’il m’a imposé du respect pour sa personne, de l’admiration aussi. C’est, à mes yeux, une femme forte et courageuse que la vie n’a pas épargné mais qui s’est battue.

Elle a dû rentrer il y’a deux ans à Bangui et nos conversations se sont espacées pour finir par s’arrêter, à mon grand regret. A cause de la situation en Centre Afrique, elle est revenue en France se réinstaller.

A force de repenser à tout ce qu’elle m’avait confié je n’ai pas dormi de la nuit. Comme dit ma mère, la vie est un choix et choisir est difficile…Certaines personnes ne sont vraiment pas épargnées.

Ça m’a  fait penser que ça fait des mois que je n’ai pas revu Djénaba non plus…

Mes examens s’étaient relativement bien passés et avant même la publication des résultats je voulais fêter ça! Je n’ai pas perdu cette habitude de fêter pour tout et n’importe quoi.

Aussi, je me suis beaucoup impliquée pour que la soirée de Djena soit réussie et elle l’a été…pour les autres.

Il nous manquait des enceintes pour la musique donc nous sommes allées chez Cédric, le cousin de mon amie, pour en chercher et lui demander d’être notre DJ par la même occasion.

Il vivait chez ses parents dans une banlieue aisée, travaillait dans une banque et mixait (très bien) à ses heures perdues. Son papa et le père de Djena sont frères et sa mère est guadeloupéenne. Une très belle femme!

Djena m’avait gentiment demandé de m’habiller classe, chose que je n’ai pas compris mais bon…

Quand nous sommes arrivées chez son oncle, c’est Rita (la femme de ce dernier) qui nous a accueilli comme des princesses.

Elle nous a parlé de la pluie et du beau temps (du mauvais temps surtout) en attendant l’arrivée de son fils. Sans comprendre pourquoi, elle a subitement demandé avec un clin d’œil à mon amie comment allait Marc André. Je me suis sentie très mal à l’aise par la manière dont elle a formulé cette demande: « Mais dis-moi Néné, comment il va notre blanc? J’espère que tu t’en occupes bien chérie parce que tu sais, le meilleur moyen pour toi de t’élever c’est de l’épouser crois-moi! ».

Djena a souri et lui a répondu qu’il allait bien et que justement la fête du nouvel an se déroulerait chez lui cette année. La dame était aux anges! Et l’expression est faible. « Franchement tu me rends très fière! Tu es LA fierté de toute ta famille restée en Afrique !».

Mais qu’est-ce que la femme-là était en train de raconter?!Ou peut-être parce que Djena allait devenir médecin? Mais nous n’étions pas en train de parler études là. J’étais perturbée, plusieurs hypothèses défilaient en même temps dans ma tête et je ne savais pas laquelle choisir. J’ai décidé de me détacher de la conversation en pensant à la fête qui promettait et ça m’a redonné le sourire.

Je souriais toujours dans ma tête quand Cédric est rentré. Il était tout content de voir sa cousine : « Djenaba ! La fille toujours bien habillée, bien coiffée, bien parfumée ! Ma cousine très très belle! Tu m’as ramené un petit bijou on dirait? » En parlant de moi.

Djena aussi était très contente et lui a répondu sur le même ton : « Cedric ! Toujours frais, le fils choyée par ses parents, l’homme fort! Mon cousin très très swag ! Ce bijou-là, pour l’avoir il va falloir payer cher! ».

Nous étions tous les trois morts de rire et c’est sans hésiter que Cédric a accepté de nous faire office de DJ. Le Cédric-là n’était vraiment pas mal soit dit en passant…

En partant la tante nous a lancé un « Au revoir les jolies ! Néné la prochaine fois je t’attends avec Marc André! ». Cédric lui a demandé d’un ton très sec de se mêler de sa vie et de laisser sa cousine faire la sienne.

Sur le chemin du retour, Djéna et moi n’avons parlé que de la fête à venir et des invités.

« Ça va être trop bien JF je sens ça! On va trop gâter le coin i sweaaarr! Je n’ai invité que des gens qui vont avec le décor! ».

Des gens qui vont avec le décor?! J’ai éclaté de rire! Cette fille était réellement très comique !

Le jour J nous ne nous sommes pas reposées une minute. Djena était très stressée. C’était comme si elle allait jouer sa vie.

Tout a été prêt à temps. Les amis de Marc André, ceux de Djéna, les amis des amis, tous étaient ravis et nous ont félicités.

J’ai surpris la sœur de Marc André dire à son frère que sa copine était extra, qu’elle avait beaucoup d’élégance et que leur mère allait l’adorer!

Marc André, l’air soulagée, lui a répondu : « Je sais Emilie, c’est pour ça que je l’ai choisi! Elle allie très bien exotisme et classe, c’est une perle rare ma Djéni! ».

J’étais si heureuse pour Djena que je me suis empressée d’aller lui rapporter les propos.

Je m’attendais à ce qu’elle le soit aussi (sinon même plus que moi) mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle dise devant Sadia, une de ses amies d’enfance : « Eh Dieu! Seigneur Dieu tu as posé Tes yeux sur Ton enfant ! Tu es Grand! Sadia tu as vu? Tu as vu non?! J’ai trouvé MON blanc ! JF on va s’occuper de ton cas maintenant! Y’en a-t-il un qui te plait ici? ».

Je n’ai pas répondu à cette question. Je suis allée me coucher, déçue.

Je n’avais même pas eu besoin de lui demander « Mais pourquoi lui, pourquoi Marc André? » Elle venait de me donner la réponse en un seul mot: Blanc.

Moi qui croyais encore en l’Amour, je me suis rendue compte que, parfois, les gens lui donnaient une raison d’exister… ».

Janice-Fatimé »

Mlle T.

E-mail : [email protected] 

Twitter : @missytari

Et s’il suffisait d’aimer?

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