Oyez oyez, braves gens !

Approchez, c’est gratuit et rapide, venez avec nous tater du doigt le spectacle urbain le plus déjanté du continent, la vie.

Le décor, le macadam, le maitre de cerémonie,ne le cherchez pas, y’en a pas… dans le rôle des acteurs, un peu tout le monde, et pour seul public, l’oeil beurré par une nuit d’ivresse de votre humble serviteur.

L’aiguille de ma montre s’approche fatidiquement de l’heure d’embauche, et je n’ai toujours pas trouvé de taxis. Un bref regard autour de moi suffit a me faire comprendre pourquoi… Des dizaines, que dis je des centaines, a moins que ce soit des milliers… Bref ca n’a pas d’importance, c’est la cohue sur la chaussee, car ce lundi, une masse d’élèves s’est jointe a celle des travailleurs (que je frequente depuis un bon mois).

Magique représentation d’un ballet aux allures oniriques, que vient là m’infliger la vue d’un arc en ciel d’uniformes de toutes tailles et tous genres (le vin dans mes yeux, n’arrange rien) .

Là, une jupe rose bonbon assortie d’un haut marron caramel, ici une chemisette bleu-ciel et un pantalon bleu-nuit… allez pas-croire que les noms d’établissements seraient moins poétiques. Ici, vous trouvez a coté de Rosa Parks, leclerc, alfred saker, mais bon a ce combat là les colleges confessionnels et leurs Saints, tiennent le haut du pavé. Fiers, souriants et enthousiastes, ou tristes et supliants pour les uns et les autres, pour qui vient de loin, chaque détail, chaque visage ou attitude, trouve une résonance.

En clair, quand vous avez passé le plus clair de votre temps à l’étranger, forcément votre coeur s’emballe… “Au Secours, y’a des gnomes qui m’assaillent, arrière suppots de Satan…” Dabord vous paniquez,forcément vous suez à ne pas savoir ce qui se passe, puis lentement, vous comprenez, et enfin vous vous amusez a glisser sur le fil de votre nostalgie, pour égrener des souvenirs longtemps enfouis.

La première maitresse, l’hymne national de la matinée,les moments de gloire dans la recré, la gourde et les “beignets”, les réveils difficiles, les “DS”, la maxime lapidaire “autant de fautes, autant de coups” … Pour l’heure, je suis en retard, et ma montre se refuse à toute rêverie.

Pas de doute aujourd’hui je vais etre en retard.

Il me faut si je veux trouver un taxi, “proposer”. En gros dans un pays où le prix du taxi (collectif) se paie, sur la base du gré a gré, la surenchère grandit avec la concurrence… Et celle de ce matin,est de taille (façon de parler).

Là où 4 adultes suffisaient à contenter les voitures jaunes, s’entassent désormais, 6 à 7 enfants. Faut les voir, s’amuser à nous damer le pion en proposant moins, nous tirer la langue au passage, lancer des rires moqueurs a notre attention… De quoi regretter nos jeunes années. Y’a pas a dire, trouver un taxi relève alors de l’exploit.

Bon, j’ai beau ne pas etre remunéré, on va pas faire le difficile, faut paier combien ? 300 ? 400? .. Quoi ? Bon, finalement je vais pas aller travailler, je suis malade. Heureusement, le spectacle lui au moins, est gratuit.

Pour Huza.org, Yo-tu-él

Les choses du pays : la rentree scolaire

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