“Je viens de rentrer “du bled” comme ils disent… J’y suis partie pour une semaine pour assister au mariage d’Assita, ma cousine qui a grandi chez nous.

Cela m’a permis de revoir ma famille et il va s’en dire que je suis d’une humeur extrêmement bonne, je souris à tout va…pour l’instant.

La cérémonie s’est très bien déroulée même si en tant que “Dame de compagnie” je suis revenue un peu fatiguée. Le mariage a duré une semaine, une semaine à boire, manger, danser, célébrer!

Bien évidemment les : “Mais Fatimé le tien est prévu pour quand?!? Tu commences à te faire vieille hein… »n’ont pas manqué.

De retour à Paris je me suis posée la même question, ne devrais-je pas penser à me marier? Tout arrêter et fonder une famille ?

Je ré-entends ma mère me dire : « Ma fille, ton premier mari c’est ton travail. », pour l’instant je n’ai pas fini mes études donc inutile d’envisager une union et pour être honnête monsieur ne semble pas pressé de poser son genou à terre…

Aussi, quand je vois le nombre de divorce et la souffrance de certaines femmes dans leur foyer, j’ai peur.

Comme je le disais la dernière fois, 2008 a été pour moi l’année du combat. Chercher un logement étudiant en pleine année scolaire relève d’un parcours du combattant. Les particuliers ne regardent même pas ton dossier si tu n’as pas un garant avec le salaire de Bill Gates (j’exagère…à peine).

Me voilà donc en plein mois de mars en train de me chercher un toit, un job et à suivre mes cours. La première bonne nouvelle c’est que j’ai validé mon semestre.

La deuxième c’est qu’au bout d’une semaine j’ai déniché un poste au mc do.

Pour le logement, c’était une autre histoire…Je squattais chez une amie d’enfance de ma mère, tata Mina.

Mariée et mère de cinq enfants (tous plus âgés que moi sauf Indira la benjamine), c’est une femme douce, souriante, toujours prête à rendre service et sa deuxième maison est le temple.

Malgré le fait que je ne lui ai pas passé un seul coup de fil depuis que je suis en France elle s’est proposé de m’héberger le temps que je trouve un “chez moi”.

Cela ne m’enchantait pas plus que ça parce que vivre chez quelqu’un c’est se plier à ses règles mais je n’allais pas faire de chichis, “la main qui demande est toujours en bas”.

Mes sorties se limitaient à l’école, au travail et à la visite de studios. Le reste du temps, j’aidais ma tante dans les tâches ménagères, à la cuisine, l’accompagnais au temple. Nous n’étions que trois dans l’appartement : Tata, Indira et moi. Les quatre autres avaient quitté le logement familial depuis bien longtemps et ne revenaient que le dimanche passer la journée.

Tonton faisait des allers retours fréquents entre l’Afrique et la France mais je ne l’avais pas encore vu depuis mon installation.

Je n’étais plus livrée à moi-même et je dois avouer que cette femme me cajolait et se comportait avec moi comme une mère. Nous nous entendions très bien et il nous arrivait de discuter des heures d’affilée mais j’avais ce sentiment d’abuser de son hospitalité et je n’étais vraiment pas à l’aise.

Il fallait absolument que je parte et quand je lui ai parlé de mon projet de me mettre en colocation le temps de trouver un studio, elle n’a même pas daigné me répondre et à continuer ses incantations
divines.

Un samedi matin, tata est venue me réveillée et elle parlait d’une manière stressée, comme si quelque chose lui faisait peur : « Janice, réveilles toi ! Viens m’aider à faire le ménage, ton oncle arrive demain ! » .

La tante là aussi ! C’est à cause de ça qu’elle se met dans un tel état ?!

A deux (Indira avait disparu comme par magie), nous avons fait le grand ménage et sommes allées faire des courses pour le repas festif du lendemain.

Comme tous les dimanches, mes « cousins » sont venus saluer leur maman et l’ambiance était, comme d’habitude, joviale jusqu’à ce que tata annonce l’arrivée du père dans l’après-midi.

Leurs visages se sont décomposés et Joël, l’ainé, a lancé un « Bon, je ne vais pas tarder je dois aller chercher Anaïs au salon de coiffure ! »

Il régnait dans la maison une atmosphère tendue de chez tendue.

Je n’ai pas su quoi répondre quand tata les larmes aux yeux m’a dit : « Au cas où il te pose des questions, réponds lui que tu es venue passer quelques jours avec moi et que tu repars dans la semaine. »

Janice-Fatimé”

Mlle T.

E-mail : [email protected] 

Twitter : @missytari

Les aventures de Janice-Fatimé : L’épisode précèdent

“Mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres…”

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